Peptides
19 octobre 2026
Reprise de poids après le sémaglutide : ce que nous apprend la prolongation de STEP
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Le sémaglutide aide à réguler l’appétit et la prise alimentaire pendant qu’on le prend. Il est normal de se demander si une période de traitement laisse un effet durable une fois les injections arrêtées. Si vous avez atteint un poids qui vous semble meilleur pour votre santé, ou si le traitement est devenu difficile à payer ou à tolérer, la question est concrète : que se passe-t-il ensuite?
La prolongation de STEP 1 a suivi un sous-groupe de participants pendant un an après la fin du médicament à l’étude et du soutien structuré aux habitudes de vie. Les personnes auparavant assignées au sémaglutide ont repris, en moyenne, environ les deux tiers du poids qu’elles avaient perdu. Leur poids moyen est resté inférieur à leur poids initial, et les résultats variaient d’une personne à l’autre. Prolongation de STEP 1
Ce résultat appuie la planification du maintien dès le début. Il ne signifie pas que tout le monde reprendra la même quantité de poids, qu’une année de traitement était inutile ou que chaque personne doit conserver le même traitement pour toujours. Le plan de l’étude nous apprend quelque chose de plus précis, surtout lorsqu’on le met en parallèle avec un autre essai randomisé de retrait du traitement, appelé STEP 4.

Qu’est-ce qui a pris fin à la semaine 68?
L’essai STEP 1 initial portait sur des adultes sans diabète, vivant avec l’obésité ou en surpoids avec au moins un problème de santé lié au poids. Les participants recevaient du sémaglutide chaque semaine, avec une dose cible de 2,4 mg, ou un placebo, en plus d’une intervention sur les habitudes de vie. La période principale de traitement a duré 68 semaines.
À la fin de cette période, le médicament et l’intervention structurée sur les habitudes de vie ont tous deux été arrêtés. La prolongation a ensuite suivi pendant 52 semaines supplémentaires, jusqu’à la semaine 120, un sous-groupe sélectionné de personnes qui avaient terminé la période principale de traitement. Ses analyses incluaient 327 personnes et étaient exploratoires. Méthodes de la prolongation
Il ne s’agissait pas d’une nouvelle répartition aléatoire à la semaine 68, dans laquelle certains participants sous sémaglutide auraient poursuivi le traitement et d’autres l’auraient arrêté. La prolongation observait ce qui se passait après la fin des interventions de l’essai. Elle ne peut donc pas distinguer complètement l’arrêt du médicament de la perte du soutien organisé offert dans l’essai.
C’est important, parce qu’en pratique, l’arrêt peut prendre différentes formes. Une personne peut cesser le médicament tout en poursuivant un suivi intensif, passer à un autre traitement ou perdre l’accès au médicament et aux soins. La prolongation ne teste pas chacun de ces scénarios.
Que signifie réellement « deux tiers du poids repris »?
Dans le sous-groupe de la prolongation, la perte de poids moyenne jusqu’à la semaine 68 était de 17,3 % dans le groupe sémaglutide et de 2,0 % dans le groupe placebo. Au cours de l’année suivante, l’ancien groupe sémaglutide a repris 11,6 points de pourcentage du poids corporel, laissant une perte nette moyenne de 5,6 % par rapport au poids initial à la semaine 120. L’ancien groupe placebo a repris 1,9 point de pourcentage et était approximativement revenu à son poids de départ. Résultats rapportés de la prolongation
L’expression « deux tiers » désigne la fraction de la perte antérieure qui a été reprise. Elle ne signifie pas que les personnes ont gagné les deux tiers de leur poids corporel initial. Le dénominateur est essentiel : le poids perdu pendant le traitement et le poids total au départ sont deux quantités différentes.
Pour illustrer le calcul, imaginez un poids initial de 100 unités. Une perte de 17,3 % l’amènerait à environ 82,7 unités. Une reprise d’environ 11,6 unités le ramènerait à environ 94,3. Cet exemple ne correspond pas au dossier d’un participant. La perte nette rapportée dans l’article est de 5,6 %; l’arrondissement et la façon de calculer les valeurs résumées font qu’on ne doit pas forcer les chiffres affichés à correspondre à une soustraction exacte.
Il est aussi inexact de remplacer les 17,3 % du sous-groupe de la prolongation par la perte moyenne globale de l’essai initial. Les personnes incluses dans une analyse de suivi peuvent avoir une moyenne différente de celle de l’ensemble de la population initiale. Gardez le résultat associé au groupe réellement analysé.

Tout le monde a-t-il repris la majeure partie du poids perdu?
Aucune moyenne unique ne peut nous le dire. La prolongation a rapporté une variabilité importante autour de la moyenne. Certaines personnes ont conservé une plus grande part de leur perte de poids que d’autres, et l’étude ne peut pas prédire le parcours d’une personne à partir du seul résultat du groupe.
Une interprétation utile est qu’une reprise de poids importante était assez fréquente pour faire nettement augmenter la moyenne en un an. Ce résultat devrait faire de la planification du maintien une composante normale des soins, plutôt que devenir une prédiction qu’une personne donnée est vouée à l’échec.
Il n’établit pas non plus que tous les bénéfices antérieurs ont disparu instantanément. Le poids moyen restait inférieur au poids initial après un an. En même temps, plusieurs améliorations des mesures cardiométaboliques se sont atténuées, ces mesures se rapprochant de leurs valeurs initiales. Elles incluaient des facteurs de risque, et non une démonstration directe du nombre d’infarctus ou d’AVC à long terme après l’arrêt. Observations de la prolongation
La distinction est particulièrement pertinente si le sémaglutide a été prescrit pour autre chose que la gestion du poids. Une décision de traitement peut tenir compte du contrôle de la glycémie ou du risque cardiovasculaire, en plus du poids corporel. La prolongation ne peut pas trancher toutes ces questions, surtout puisque les participants n’avaient pas de diabète.
Qu’a ajouté STEP 4?
STEP 4 a testé plus directement le retrait du traitement. Tous les participants ont d’abord reçu du sémaglutide pendant 20 semaines. Parmi les 902 personnes ayant commencé cette phase, les 803 qui avaient atteint la dose d’entretien de 2,4 mg par semaine ont été réparties au hasard pour poursuivre le sémaglutide ou passer au placebo pendant 48 semaines supplémentaires. Les deux groupes ont poursuivi l’intervention sur les habitudes de vie. STEP 4
Les participants avaient perdu en moyenne 10,6 % pendant la période initiale. De la semaine 20 à la semaine 68, ceux qui ont poursuivi le sémaglutide ont perdu encore 7,9 % de leur poids de la semaine 20, tandis que ceux qui sont passés au placebo ont gagné 6,9 %. La différence estimée était de −14,8 points de pourcentage, avec un intervalle de confiance de −16,0 à −13,5.
Comme l’intervention structurée sur les habitudes de vie s’est poursuivie dans les deux groupes randomisés, STEP 4 renforce la conclusion selon laquelle la poursuite du médicament contribuait au maintien de la réponse pondérale dans ces conditions. L’essai répond à une incertitude laissée par la prolongation de STEP 1, où le médicament et le soutien structuré avaient pris fin ensemble.
Mais STEP 4 a aussi sélectionné les participants au cours de sa période initiale de traitement. Les personnes qui n’ont pas pu atteindre la dose cible ne faisaient pas partie de la comparaison randomisée. Ses résultats sur la tolérabilité et le maintien décrivent donc les personnes qui ont franchi cette phase, et non toutes celles qui commencent le sémaglutide pour la première fois.
Pourquoi on ne peut pas simplement additionner les pourcentages de différentes phases
Dans STEP 4, la première variation en pourcentage est calculée à partir du poids initial; la variation ultérieure est calculée à partir du poids à la répartition aléatoire. Ce sont des dénominateurs différents. Perdre 10 %, puis gagner 10 %, ne ramène pas exactement une personne à son poids de départ, parce que le deuxième 10 % est calculé à partir d’un nombre plus petit.
Prenons un exemple simple : un poids de 100 unités devient 90 après une perte de 10 %. Une hausse subséquente de 10 % à partir de 90 ajoute neuf unités, ce qui donne 99. Ces chiffres ronds inventés expliquent le calcul; ce ne sont pas des résultats de STEP 4.
La reprise de poids dans la prolongation de STEP 1 est rapportée en points de pourcentage par rapport au poids initial. C’est pourquoi « reprise de 11,6 points de pourcentage » exige une formulation différente de « hausse de 6,9 % à partir de la semaine 20 » dans STEP 4. Conserver le point de référence de chaque étude évite que des statistiques apparemment semblables deviennent trompeuses.
Pour votre suivi personnel, consignez vos poids réels avec les dates, dans des conditions raisonnablement constantes. Votre clinicien pourra alors interpréter les changements sur une période définie, sans confondre le début du traitement, le poids le plus bas enregistré et la date du changement de médicament.
Et si le traitement se poursuit?
STEP 5 fournit une comparaison distincte sur deux ans. L’essai a réparti au hasard 304 adultes sans diabète entre le sémaglutide et le placebo, tous deux accompagnés d’une intervention comportementale. La variation moyenne du poids à la semaine 104 était de −15,2 % avec le sémaglutide et de −2,6 % avec le placebo. La perte de poids a largement atteint un plateau et s’est maintenue pendant la poursuite du traitement. STEP 5
Une analyse de SELECT sur une plus longue période a montré une variation moyenne du poids de −10,2 % avec le sémaglutide contre −1,5 % avec le placebo à 208 semaines. SELECT portait sur une population plus âgée, atteinte de maladie cardiovasculaire, et était conçu principalement autour de résultats cardiovasculaires. Sa perte de poids moyenne plus faible ne devrait pas être interprétée comme une preuve que le médicament cesse inévitablement d’agir après deux ans. Analyse du poids de SELECT
Ces études appuient des effets moyens durables sur le poids lorsque le traitement se poursuit, dans leurs contextes respectifs. Elles ne prouvent pas que chaque patient en bénéficie indéfiniment ni que la même dose convient à toutes les phases des soins. Les bénéfices, les effets secondaires et l’évolution de la situation doivent toujours être réévalués.
La reprise de poids est-elle un signe de dépendance ou d’échec personnel?
Les études de retrait du traitement mesuraient le poids et des résultats connexes. Elles ne démontraient pas un syndrome de dépendance. Les effets recherchés du sémaglutide sur l’appétit et la prise alimentaire peuvent diminuer lorsque le traitement prend fin; avoir besoin d’un traitement continu pour un problème de santé persistant est une question différente de celle de la dépendance. Mécanisme d’action et études cliniques de Wegovy
Les résultats ne justifient pas non plus de blâmer les gens pour un manque d’effort. Dans STEP 4, le groupe passé au placebo a repris du poids malgré la poursuite de l’intervention de l’essai sur les habitudes de vie. Cette observation montre pourquoi la motivation seule ne suffit pas à expliquer les résultats de maintien.
Face à une reprise de poids, une approche utile consiste à revoir ce qui a changé : l’appétit, les habitudes alimentaires, les symptômes, l’activité, le sommeil, l’accès aux soins et les autres médicaments. Le but est de déterminer la prochaine étape appropriée, pas de juger si une personne méritait le bénéfice antérieur.
Que sait-on de la diminution progressive ou d’une dose d’entretien plus faible?
Ni la prolongation de STEP 1 ni STEP 4 n’ont réparti au hasard les participants entre une diminution progressive et un arrêt brusque. Ces études n’ont pas non plus déterminé une dose minimale universelle qui préserverait la perte de poids de chacun. Affirmer qu’un schéma précis de diminution prévient de façon fiable la reprise de poids exige des données propres à cette approche.
Un clinicien peut adapter le traitement lorsque les effets secondaires, le coût ou la réponse exigent un changement. Ce jugement clinique doit être distingué d’un schéma thérapeutique démontré par ces essais. Les études appuient une discussion sur le maintien, mais elles ne fournissent pas un calendrier à suivre soi-même pour espacer les injections ou modifier les quantités.
Les renseignements thérapeutiques actuels du produit comprennent des consignes pour les doses oubliées et la reprise après une interruption. Ce sont des consignes relatives à l’innocuité propres au produit, pas des preuves qu’une prise irrégulière constitue une stratégie de maintien efficace. En cas d’interruption, demandez comment reprendre le traitement plutôt que de présumer que la dose auparavant tolérée convient toujours. Renseignements thérapeutiques de Wegovy
L’arrêt est fréquent : le suivi doit donc être réaliste
Une étude de registre danoise publiée en 2026 a suivi 157 822 personnes qui utilisaient pour la première fois le sémaglutide pour la gestion de l’obésité. En définissant l’arrêt par une interruption des ordonnances d’au moins 60 jours, le risque estimé d’arrêt à 12 mois était de 49 %. Modifier la durée d’interruption permise changeait l’estimation. Étude sur l’arrêt du traitement
Cela décrit la persistance du traitement selon les ordonnances, et non une expérience randomisée sur l’arrêt. L’étude ne montre pas que toutes ces personnes ont repris du poids, pourquoi chacune a arrêté ou si une solution de rechange précise aurait fonctionné. Son apport pratique est de montrer que les interruptions et les arrêts sont assez fréquents pour qu’on les prévoie ouvertement.
Si le traitement risque de prendre fin, discutez du suivi qui restera accessible. Clarifiez les résultats qui comptent au-delà du poids, les symptômes ou les mesures qui devraient vous amener à prendre contact, et les solutions de rechange qui pourraient convenir. Une réévaluation planifiée après un changement est plus utile que d’attendre une reprise de poids importante.
Ce qu’il faut retenir des données
La prolongation de STEP 1 montre une reprise de poids moyenne importante après l’arrêt du médicament et du soutien structuré. STEP 4 démontre plus directement la différence entre poursuivre le sémaglutide et passer au placebo pendant que le soutien aux habitudes de vie continue. Les études sur la poursuite du traitement montrent que les effets moyens sur le poids peuvent persister pendant des années.
Ensemble, ces résultats invitent à considérer le traitement de l’obésité comme des soins continus comportant une phase de maintien. Ils laissent place à des décisions individualisées sur la tolérabilité, l’accès, les autres objectifs de santé et les traitements de rechange. La section sur l’arrêt du traitement de notre guide du sémaglutide apporte du contexte supplémentaire à cette discussion.
Sources
- Prolongation de STEP 1, 2022 : suivi exploratoire après la fin du médicament et du soutien structuré.
- STEP 4, 2021 : retrait randomisé après une période initiale de traitement.
- STEP 5, 2022 : résultats randomisés sur deux ans de poursuite du traitement.
- Analyse du poids de SELECT, 2024 : résultats pondéraux à plus long terme dans une population atteinte de maladie cardiovasculaire.
- Discontinuation of Semaglutide Therapy for Obesity Management, 2026 : analyse danoise des dossiers d’ordonnances.
- Renseignements thérapeutiques américains de Wegovy, juin 2026 : mécanisme, indication de maintien et consignes en cas d’interruption.