Passer au contenu principal

À des fins d’information et de recherche uniquement.

Clause de non-responsabilité médicaleConditions d’utilisation

Supplements

20 octobre 2026

Passiflore et anxiété : qu’est-ce qui change entre une intervention et la vie quotidienne?

Sur cette page

La passiflore, généralement Passiflora incarnata dans les études présentées ici, est une plante grimpante utilisée depuis longtemps pour ses effets calmants et pour le sommeil. Des chercheurs ont testé des préparations orales avant une chirurgie, pendant des soins dentaires, chez des personnes atteintes d’un trouble d’anxiété généralisée et chez des personnes signalant du stress ou de l’insomnie.

Tous ces contextes comportent de la détresse, mais ils soulèvent des questions différentes. Une personne qui attend une opération peut avoir besoin d’aide pour gérer son anxiété dans l’heure qui suit. Une personne qui vit avec des inquiétudes persistantes a besoin d’un traitement qui améliore son quotidien sur plusieurs semaines ou mois. Un effet bref dans une situation ne peut pas combler le manque de données dans l’autre.

Les résultats chez l’humain méritent qu’on en discute, surtout pour l’anxiété liée aux interventions, mais ils restent limités et parfois mitigés. Le NCCIH prévient aussi que la passiflore peut interagir avec les médicaments d’anesthésie. Une étude réalisée sous surveillance en contexte chirurgical ne justifie pas d’en prendre par vous-même avant une intervention. Conseils du NCCIH sur la passiflore

Notre guide de la passiflore présente la plante plus largement. Ici, nous examinons comment le contexte de recherche change le sens d’un résultat pour une personne qui envisage d’en prendre contre l’anxiété.

L’anxiété situationnelle et les symptômes persistants exigent des réponses différentes

L’anticipation d’une piqûre, d’une opération ou d’une extraction dentaire crée une situation précise, limitée dans le temps. Les chercheurs peuvent mesurer l’anxiété peu avant l’événement et observer les participants dans un milieu où le personnel, les médicaments et les procédures de récupération sont déjà en place.

L’anxiété persistante est différente. Il faut notamment savoir si les inquiétudes deviennent moins envahissantes, si le sommeil et la concentration s’améliorent, si la personne reprend les activités qu’elle évitait et si les bienfaits se maintiennent. Un traitement peut sembler prometteur selon une évaluation préopératoire sans répondre à aucune de ces questions à plus long terme.

Cette distinction touche aussi l’innocuité. Lors d’une intervention clinique, les chercheurs peuvent sélectionner les participants, choisir une préparation précise et assurer leur surveillance. Un supplément acheté pour être utilisé à la maison peut avoir une composition différente, et la personne qui le prend peut utiliser d’autres médicaments ou présenter des problèmes de santé exclus de l’étude.

Cela ne rend pas la recherche sur les interventions non pertinente. Sa pertinence est simplement propre à ce contexte. Si votre préoccupation est une intervention à venir, ces données ont leur place dans une discussion avec l’équipe soignante. Si c’est l’anxiété au quotidien, les études sur un traitement prolongé correspondent mieux à la situation.

Une illustration de passiflore, de fauteuil dentaire, d’horloge et de journal des symptômes distingue les interventions brèves des symptômes persistants.
Représentation conceptuelle des contextes de recherche, et non d’une séquence de traitement ni d’une preuve que la passiflore remplace les soins cliniques.

Qu’a-t-on observé avant une rachianesthésie?

Une étude randomisée, à double aveugle et contrôlée par placebo a recruté 60 adultes de 25 à 55 ans devant subir une rachianesthésie. Les chercheurs ont mesuré l’anxiété, la sédation, la performance psychomotrice et des variables cardiovasculaires avant le traitement et autour de l’intervention.

La passiflore a atténué la hausse des scores d’anxiété-état observée à l’approche de la rachianesthésie. Le rapport n’a relevé aucune différence significative entre les groupes aux tests psychomoteurs, ni pour la sédation, l’hémodynamique ou les effets secondaires. L’« anxiété-état » désigne l’anxiété dans la situation immédiate, plutôt qu’une tendance durable ou un diagnostic. Essai sur la rachianesthésie, 2012

Les mots comptent : freiner une hausse avant un événement stressant n’équivaut pas à démontrer la rémission d’un trouble anxieux. Cela peut tout de même être utile si l’expérience clinique devient plus tolérable. Mais la durée d’observation et la population chirurgicale sélectionnée limitent ce qu’on peut en déduire pour une utilisation quotidienne.

L’absence de différence significative de sédation ne prouve pas non plus que la passiflore ne cause jamais de somnolence. Un essai peut ne pas détecter de différence parce que l’effet est faible, peu fréquent ou mal capté par la mesure. Ses résultats sur l’innocuité s’appliquent aux participants et aux circonstances observés.

Un essai en chirurgie ambulatoire a relevé un autre signal à court terme

Dans une étude de 2008, 60 patients ont été répartis au hasard pour recevoir une préparation précise de passiflore ou un placebo 90 minutes avant une chirurgie. Les scores d’anxiété étaient plus faibles dans le groupe passiflore, avec p < 0,001, tandis que la sédation et la récupération de la fonction psychomotrice ne différaient pas significativement. Le délai avant le congé était semblable entre les groupes. Essai en chirurgie ambulatoire

Ces résultats appuient l’étude de la passiflore comme prémédication sous supervision clinique. Ils ne la comparent pas à toutes les approches habituelles de l’anxiété liée aux interventions, n’établissent pas de préparation optimale et ne règlent pas la question des interactions avec tous les protocoles anesthésiques.

Pour une personne inquiète à l’idée d’une opération, la prochaine étape la plus utile est de parler à l’équipe de cette inquiétude et de tous les produits qu’elle prend déjà. Ces renseignements permettent à l’équipe d’aborder l’anxiété dans le cadre des soins prévus. Tenter de reproduire soi-même une intervention de recherche peut modifier les conditions de médication et de surveillance qui ont rendu l’expérience possible.

Que permet d’établir une comparaison avec le midazolam?

Un essai croisé en soins dentaires de 2017 comprenait 40 volontaires subissant l’extraction de troisièmes molaires mandibulaires à des occasions distinctes. Les chercheurs ont comparé la passiflore au midazolam, une benzodiazépine utilisée pour la sédation clinique, à l’aide de questionnaires et de mesures physiologiques.

Plus de 70 % se sont décrits comme calmes ou seulement un peu anxieux dans les deux conditions. La fréquence cardiaque, la pression artérielle et la saturation en oxygène ne différaient pas significativement entre les protocoles. Vingt pour cent ont signalé une amnésie complète avec le midazolam, tandis que la passiflore avait peu ou pas d’effet sur la formation des souvenirs dans cette étude. Comparaison lors d’extractions dentaires

Ces observations sont utiles, mais « aucune différence significative » ne prouve pas automatiquement que deux traitements sont équivalents. Établir la non-infériorité exige une étude conçue pour exclure une perte d’efficacité inacceptablement importante, avec une marge prédéfinie et suffisamment de participants. Une petite étude comparative qui ne détecte aucune différence peut laisser beaucoup d’incertitude.

L’étude portait aussi sur une intervention clinique, et non sur la gestion autonome de la peur du dentiste en dehors des soins. Les effets sur la mémoire, la coopération, le confort et l’innocuité physiologique sont des résultats distincts. Une expérience causant moins d’amnésie peut être souhaitable pour certaines personnes, mais le choix de la sédation doit tenir compte de l’intervention et de l’évaluation du clinicien.

Un essai dentaire plus récent distingue les biomarqueurs du ressenti

Une étude de 2025 a réparti au hasard 30 patients en bonne santé de 16 à 35 ans pour recevoir de la passiflore, du midazolam ou un placebo avant l’extraction de troisièmes molaires, soit dix par groupe. Elle a utilisé des questionnaires sur l’anxiété et mesuré des variables physiologiques et des biomarqueurs salivaires.

Le cortisol salivaire postopératoire était plus bas dans les groupes passiflore et midazolam que dans le groupe placebo. Toutefois, les scores d’anxiété ne différaient pas significativement entre les groupes, et la pression artérielle diastolique était plus élevée dans le groupe passiflore. Essai sur les biomarqueurs salivaires

Le cortisol est une hormone qui participe à la réponse du corps au stress. Une mesure dans la salive peut aider les chercheurs à étudier cette réponse, mais elle ne mesure pas directement l’anxiété ressentie. Le résultat appuie donc une observation biologique sans établir d’avantage détectable sur les symptômes dans cette petite étude.

Cette distinction est particulièrement pertinente lorsqu’on affirme qu’un supplément « réduit le stress » parce qu’un marqueur de laboratoire diminue. Si le bienfait recherché est de ressentir moins de peur, l’expérience du patient compte. Un biomarqueur peut contribuer à une explication; il ne devrait pas remplacer le résultat qui a motivé le traitement.

Une illustration de glande salivaire, de tube de salive et de questionnaire sur l’anxiété distingue un marqueur de laboratoire des symptômes rapportés.
Représentation conceptuelle du prélèvement et de l’évaluation des symptômes; la glande salivaire n’est pas représentée comme produisant du cortisol. Le feuillage décoratif ne sert pas à identifier une espèce.

Existe-t-il des données sur le trouble d’anxiété généralisée?

Une étude pilote de 2001 a réparti au hasard 36 patients ambulatoires atteints d’un trouble d’anxiété généralisée pour recevoir un extrait de passiflore ou de l’oxazépam pendant quatre semaines. Des comprimés ou des gouttes de placebo assortis accompagnaient le traitement actif pour permettre l’insu des deux protocoles. Aucun groupe ne recevait uniquement un placebo.

Les deux groupes se sont améliorés, et la comparaison finale n’a montré aucune différence significative. L’oxazépam agissait plus rapidement, mais davantage de difficultés de rendement au travail ont été signalées avec ce médicament. Étude pilote sur l’anxiété généralisée

Il s’agit de données préliminaires sur un traitement dans une population plus pertinente pour l’anxiété persistante. Cela reste un petit essai de courte durée avec comparateur actif. Sans groupe recevant seulement un placebo ni protocole d’équivalence convaincant, il ne peut établir que la passiflore est aussi efficace que l’oxazépam, ni que les améliorations observées dans l’un ou l’autre groupe étaient entièrement attribuables au traitement dans cette expérience précise.

Cet essai ne justifie pas non plus d’arrêter ou de remplacer un médicament prescrit. Une personne qui envisage un changement a besoin d’une évaluation de son traitement actuel, de ses symptômes, des effets indésirables et des risques possibles de sevrage. Une ancienne étude pilote peut alimenter les questions à poser sans remplacer un plan de traitement.

La lacune ne tient pas seulement au faible nombre de participants. La prise en charge à long terme exige des renseignements sur le maintien des bienfaits, les rechutes, le fonctionnement et la tolérabilité. Quatre semaines d’évaluation des symptômes ne permettent pas de savoir comment une personne ira sur un an, ni si une préparation aide lorsque l’anxiété coexiste avec d’autres problèmes de santé.

Les essais sur le stress et le sommeil élargissent la question sans la confondre avec les autres

Un essai randomisé de 2024 a étudié 65 personnes présentant du stress et de l’insomnie, qui ont reçu un extrait standardisé de passiflore ou un placebo pendant 30 jours. Il a rapporté des améliorations du stress perçu et de la durée de sommeil déclarée, ainsi que d’autres résultats de questionnaires. La durée du sommeil était rapportée par les participants; il ne faut donc pas la présenter comme une augmentation mesurée en laboratoire. Essai sur le stress et le sommeil

L’exposition est plus prolongée que dans une expérience préopératoire, mais l’étude porte tout de même sur une préparation précise et un groupe sélectionné selon ses symptômes, pendant un mois. Un score de stress perçu ne constitue pas en soi un diagnostic de trouble d’anxiété généralisée. Le résultat est encourageant pour la question posée par l’étude, sans régler la question plus large du traitement.

Un autre essai sur l’insomnie a réparti au hasard 110 adultes sur deux semaines et utilisé la polysomnographie. La durée totale du sommeil a augmenté d’environ 23 minutes dans le groupe passiflore, contre pratiquement aucun changement avec le placebo; la comparaison entre les groupes donnait p = 0,049. Essai sur l’insomnie, 2020

Ce résultat sur le sommeil doit rester un résultat sur le sommeil. Il ne montre pas que l’anxiété causait l’insomnie ni que la réduction de l’anxiété en était le mécanisme. Une personne peut avoir les deux problèmes, mais une amélioration de l’un n’établit pas automatiquement un effet thérapeutique sur l’autre.

Que faire de ces données?

Commencez par nommer le problème plus précisément que par le mot « stress ». S’agit-il de la peur d’une intervention, d’inquiétudes récurrentes dans les situations du quotidien, de difficultés à vous endormir ou de réveils répétés? Mentionnez ce que vous avez cessé de faire ou trouvez plus difficile à cause des symptômes. Cela donne au clinicien une cible plus claire qu’une catégorie de suppléments.

Apportez votre produit de passiflore ou sa liste d’ingrédients si vous en utilisez un. Les quantités et les formes d’extraits étudiées ne sont pas des directives interchangeables, et les produits combinés ajoutent de l’incertitude. Les études ci-dessus n’établissent pas qu’une quantité plus grande fonctionne mieux ni que combiner la passiflore à d’autres produits calmants améliore l’équilibre entre les bienfaits et les effets nocifs.

Le NCCIH mentionne la somnolence, les étourdissements et la confusion parmi les effets indésirables possibles. Il déconseille son utilisation pendant la grossesse en raison de possibles contractions utérines, souligne le peu de renseignements sur l’allaitement et met expressément en garde contre une dépression excessive du système nerveux en association avec les médicaments liés à l’anesthésie. Informez l’équipe chirurgicale si vous avez pris de la passiflore dans les deux semaines précédant une intervention prévue. Conseils du NCCIH sur l’innocuité

L’attente la mieux appuyée reste modeste et précise : certains petits essais suggèrent un effet à court terme sur l’anxiété liée aux interventions, tandis que les données sur un traitement prolongé demeurent préliminaires. La prochaine décision utile passe par une discussion adaptée au contexte, à la préparation et au résultat que vous souhaitez améliorer.

Sources